Comme un étrange repli dans l’étoffe des choses ⋅ Expériences critiques, Hubert Haddad

 

 

En nous offrant quelques-unes de ses préférences, Hubert Haddad nous livre une sorte d’autoportrait à la manière d’Arcimboldo. On y croisera des trains, on entendra une défense du roman, on y embarquera avec Paul Wenz, on suivra Proust, Gracq, Hugo, Châteaureynaud et on vaquera dans les limbes de Modiano… Facettes d’un miroir habité et terriblement inspiré.

ISBN : 9782909688824 ⋅ 160 pages, trois illustrations, 16 €

 

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  • Trois-Biblio-choses

    Trois Biblio-choses de Lucrèce Luciani dans Lexnews

    L’Ombre des bibliothèques, Coll. Les Billets de la Bibliothèque, Editions La Bibliothèque, 2020.
     

    Lucrèce Luciani, auteur notamment de «L’Acédie » et du «Démon de saint Jérôme », ne lâche pas sa proie ou sa passion des livres avec ce nouvel ouvrage « Trois Biblio-choses » paru aux éditions La Bibliothèque. Avec un titre tout à la fois énigmatique et annonciateur, emprunté à Verlaine en son vers venant clore son célèbre poème Pauca mihi, l’auteur entend poursuivre, toujours et encore, son amour des livres et des bibliothèques. Un univers bien singulier effectivement que celui des livres, le plus souvent à « L’Ombre des bibliothèques », ainsi que le souligne le sous-titre, et qui offre, ici, à l’auteur l’occasion de pages emplies de cette ardeur des livres qui l’anime et lui est si chère.
    Lucrèce Luciani entend, ici, s’attacher plus particulièrement aux secrets plus obscurs des bibliothèques, à leur «…face cachée comme souvent ignorée. Il s’agira de se porter en son envers, de creuser son « fonds », de la coulisser, d’atteindre ses bas-fonds, ses réserves, ses catacombes », écrit-elle dès les premières lignes, tel le poète maudit explorant les deux faces de la « chose-livresque », mais avec Lucrèce Luciani, bien sûr, à sa façon ! Le ton est donné, et l’auteur ne s’en départira plus.
    S’appuyant sur trois toiles de maître – Magnasco, Arcimboldo et Magritte – données à voir en début d’ouvrage, ce sont des échos, des ondes de choc qui guident ces trois thèmes ou « Trois Biblio-choses » mises ainsi en résonance et que l’auteur poursuit et développe, croisant d’autres maîtres, Le Gréco, Dürer, Blake, etc., ou écrivains et poètes, Borges, bien sûr (comment pouvait-il en être autrement ?), mais aussi Nietzsche, Barthes…
    Avec Magnasco et « La Bibliothèque du couvent », Lucrèce Luciani revient à son thème de prédilection, l’acédie. Campant sur son idée de voir dans celle-ci un « vice éminent comme spécifique de la chrétienté. », elle l’étend jusqu’à la toile de Magnasco et aux bibliothèques monastiques en général. Si son approche ne saurait être pour autant partagée par tous, reste que l’auteur en ces pages alertes et débridées, telle une danse folle et macabre, et entrant dans cette fascinante bibliothèque cénobitique peinte par le maître italien, explore les passions tristes…
    En deuxième lieu, avec « Le Bibliothécaire » d’Arcimboldo, buste fait tout de livres, l’auteur s’empare d’une autre face obscure, celle du bibliotaphe ; Avouons que nous en connaissons tous au moins un… Cet « enterreur de livres » que surent dénicher les Encyclopédistes et que l’auteur s’empresse de compulser nuit après nuit. Défilent alors entre l’« otium cum litteris », la manie et la folie, entre les bibliophiles, les bibliomanes ou encore les « bibliofols » en tous genres, les battements de cœur, le corps et l’âme des livres, plus vivants que jamais pour Lucrèce Luciani ; Assurément, en ces pages, plus bibliopathe que bibliotaphe !
    Enfin, « Trois Biblio-choses » se referme sur « La lectrice soumise » de Magritte, une occasion pour l’auteur, tel un démon déchaîné en enfer, de s’attaquer à la mise à mort des livres ; ce ne sont alors que sombres pierres tombales, sépultures et catacombes qui jonchent les pages. Mais que l’on se rassure, L’auteur, tel un bibliochamane, guérisseuse et ensorceleuse, a plus d’un tour dans son livre…
    Des pages, comme toujours avec Lucrèce Luciani, avenantes et alertes emplies de son amour des livres et des bibliothèques, et transmettant au lecteur ces insolites vibrations, ces merveilleuses volutes ou énigmatiques voltes faces qui lui sont si chères. « Spirale, ellipse, illusion et vertige, tout s’enroule et se déroule dans ce tableau (Magnasco) où émergent, çà et là, têtes de doux dingues ou faciès de goules. », écrit-elle. Tout est dit ou presque…

    LBK