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Jean-Roch et les nymphes

Aux origines, on trouve la zoé, forme native et frustre, et à l’autre bout de la chaîne la Lolita. Entre les deux, il y a tout un monde de Nymphes, sirènes, poupées, anges & autres larves, sans compter les lapins, les chats au sourire indélébile et toute une bande de savants, artistes, philosophes et autres penseurs dont l’activité consista à se pencher méticuleusement sur le cas des petites filles troublantes, des créatures féériques et des concrétions mythologiques.
Jean-Roch Siebauer, libraire marseillais à l’enseigne du Lièvre de mars (c’est dire s’il maîtrise son Alice) a entrepris de créer un cabinet de curiosités où il a accumulé références bibliographiques et petits faits incertains relatives aux créatures charmantes de l’onde, de l’air et du boudoir. L’ensemble est fort riche, au point qu’il ne manque sans doute que la fiche qui pourrait être consacrée – si l’on était un plaisantin – au mouchoir brodé, ou, plus utilement, à la serviette-éponge… (la culotte blanche et socquettes n’étant pas ici négligées) tant la nymphe est aqueuse.
La palme, puisqu’il en faut une, chacun pourra la décerner, qui à la poupée de Max Ernest, qui au petit théâtre anatomique de Frederick Ruysch ou aux statues de cire de Fragonard frère, qui au regretté Traité des nymphes de Kallimakhos, l’auteur aux huit cents livres perdus, qui au polygraphe byzantin Michel Psellos qui plaçait dans son classement De Daemonibus l’Homme au même niveau (bas) ou presque que les nymphes, succubes, lamies et fées. Curieux, non ?

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« Me sera-t-il permis de répéter que la bibliothèque de mon père a été le fait capital de ma vie ? La vérité est que je n'en suis jamais sorti. » Jorge Luis Borges